Une missionnaire intrépide

En 1653, elle quitte sa ville natale, ses proches, ses biens, en compagnie de Paul Chomedey de Maisonneuve, gentilhomme champenois, gouverneur de Montréal à destination de la « Nouvelle France » pour y enseigner aux colons et aux indigènes.
Elle fait preuve d’un courage exceptionnel en traversant la France dévastée par la guerre civile que fut la Fronde et la guerre de Trente Ans pour aller embarquer à Nantes et affronter les périls d’une traversée transatlantique dangereuse et hasardeuse.
Marguerite Bourgeoys « La passion de l’Autre, un message pour aujourd’hui »
Il faut mesurer ce que signifiait s’installer en « Nouvelle France » à cette époque : un territoire immense, des températures extrêmes, des ravitaillements aléatoires et toujours insuffisants, l’hostilité des Iroquois qui mènent une véritable guérilla contre les Français.
Pendant cinq années, elle se met au service des besoins les plus urgents de la colonie : intendance, soins aux malades et blessés, éducation.
Marguerite crée la première école en 1658 à Montréal et se voit confier ensuite la formation générale des « filles du Roy » envoyées de France pour fonder de nouveaux foyers et peupler le territoire.
Peu à peu, elle va réussir à constituer une véritable communauté recrutant des femmes œuvrant à ses côtés, n’hésitant pas à faire le voyage pour la France à trois reprises, à la fois pour asseoir les statuts de sa communauté et pour élargir celle-ci.
La créatrice d’une Congrégation placée sous le signe de la « vie voyagére » de Marie
Ce ne sera que deux années avant sa mort que Marguerite Bourgeoys et ses sœurs ont pu prononcer leurs vœux selon la règle approuvée en 1676.
Cette nouvelle communauté se distingue par plusieurs caractéristiques : pas de clôture, pas de dot pour entrer dans la communauté et égalité de toutes les sœurs.
L’action éducative et apostolique de Marguerite Bourgeoys se perpétue depuis ce temps dans des champs d’activité divers : l’école, la promotion sociale, la pastorale familiale.
Un élan missionnaire a étendu son influence : aujourd’hui, la Congrégation de Notre-Dame de Montréal est présente sur quatre continents.
Sainte Marguerite Bourgeoys
Considérée comme la cofondatrice de Montréal avec Jeanne Mance et Paul Chomedey de Maisonneuve dont elle fut très proche, Marguerite Bourgeoys a été canonisée en 1982 sous le pontificat de Jean-Paul II.